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D’où vous est venue cette passion pour l’écriture ? Depuis
ma plus lointaine enfance. D'après une maîtresse de maternelle
retrouvée récemment, dès que j'ai su former des lettres je ne pouvais
plus m'arrêter de faire des lignes. Mes parents, professeurs d'anglais
et d'histoire, m'ont abreuvée de légendes et de mythes du monde,
fertilisant mon imagination. En primaire je publiais des petites
histoires dans le journal du lycée. A la mort de mon père, lors de mes
13 ans, j'ai entamé un roman comme but pour vivre et comme exutoire pour
faire mon deuil. La passion de l'écriture est née d'une soif de
survivre, de dépasser ma douleur et de donner un sens au monde brutal et
absurde de mon adolescence d'orpheline. L'écriture était un peu la
béquille de mon âme, mais aujourd'hui c'est mon tremplin ; grâce à ça je
suis enfin moi-même. Ma vie est enfin à l'endroit.
Quels sont les auteurs qui vous ont inspiré(e) ? Margaret
Weis et Tracy Hickman, R.A. Salvatore, Anne McCaffrey, Mercedes Lackey,
Anne Rice, Terry Pratchett et Robin Hobb. L'univers de Tolkien aussi,
même si je n'ai pas pu tout lire (Tom Bombadil m'a achevée! ) Et non, je n'ai ni ou ni vu le Trône de Fer. L'ennui, c'est que je suis une vraie éponge ; depuis que j'écris, je ne peux plus rien lire en fantasy au risque d'écrire dans la même "musique", le
même style, le même rythme grammatical et le même vocabulaire. Idem
pour regarder des séries, j'ai horreur d'être "contaminée" par des
images qui ne sont pas les miennes.
Parmi tous vos romans, de quels personnagesêtes-vous le plus proche ? Pourquoi ? Dans
"Les Pèlerins d'Yssel", il y a un peu de moi adolescente en Elvire : la
jeune fille qui se cherche (intimement et socialement) dans un monde
hostile; elle est très centrée sur elle-même mais parce qu'elle est
cernée par de constants échecs de compréhension et de communication avec
les adultes tout autour. J'ai déposé dans le
personnage de Moéva mes angoisses, mes hantises. Les thèmes de ce
personnage sont un lourd passé, la perte, le deuil de soi-même et des
proches, et aussi l'épuisement psychique de la douleur intérieure. Moéva
est une héroïne qui survit pour être digne de sa légende mais elle n'a
plus foi en grand chose. Mais si j'ai pu retrouver l'espoir, alors elle
aussi... Je suis en train de finaliser un
roman que je destine à l'auto-édition (une parenthèse légère entre deux
tomes des Pèlerins d'Yssel) et le héros, le Seigneur Karolân d'Endor,
est un peu l'homme que j'aurais voulu être, si la nature en avait décidé
autrement à ma naissance :) Un vrai gentleman !
Comment vous sentez-vous à l’approchede la sortie d’un de vos livres ? J'ai
tout d'abord publié les deux premiers tomes des Pèlerins d'Yssel en
auto-édition. J'étais fière et inquiète à la fois, surtout en découvrant
quelques coquilles dans le récit. Puis les éditions La Bourdonnaye
m'ont contactée peu de temps après ; le directeur éditorial Laurent
Bettoni avait lu les premières pages disponibles sur Amazon, ça lui a
plu alors il m'a proposé un contrat. La moitié du premier tome des
Pécheurs est sortie le 22 Avril et là, j'étais surexcitée. J'avais enfin
ma revanche sur ceux qui me disaient que je ne serais jamais écrivain,
ceux qui prétendaient qu'aucune maison d'édition ne voudrait de moi
puisque je m'étais "écartée" du système avec l'auto-édition, genre
brebis galeuse. Je crois que j'ai fait la "danse de la victoire" tous
les matins la semaine avant la sortie du livre et ensuite à chaque fois
qu'une chronique était publiée. Je remercie encore ma maison d'édition
et les blogueurs pour leur confiance et pour leur intérêt dans mon
œuvre. Vivement la sortie du deuxième tome, qui est en fait la seconde moitié des Pécheurs.
Comment réagissez-vous faceaux critiques négatives ? Je
me remets un temps en question ; j'essaie de démêler les vraies
critiques constructives des égos mal placés. Quand vous êtes publié vous
faites beaucoup de jaloux. Puis je me souviens qu'il y a beaucoup plus
de critiques positives en comparaison. Mon œuvre est très personnelle
donc elle ne peut pas être consensuelle. Elle ne peut pas être comme tel
autre roman ou telle autre saga de Fantasy. Et puis j'ai le soutien de
mon mari, mon premier fan. Il tient à connaître la suite de mes
histoires, et je lui dois bien ça. Au final, pourquoi s'embêter avec des
relations néfastes, des débats stériles et des cœurs qui vibrent d'une
mélodie contraire ? La vie est si courte et si fragile... Une mauvaise
critique, c'est comme la pluie, il faut laisser glisser et le soleil
revient toujours.
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Avec quel(s) auteur(s) aimeriez-vous travailler ? Je
suis encore à mes débuts. Je ne suis pas digne, je pense, de collaborer
avec de grands auteurs. De plus je suis exigeante, perfectionniste,
indépendante, passionnée, franche, râleuse... Et j'ai peur d'être déçue
par ceux en qui je place ma confiance car je suis une femme entière. Je
manque un peu de sagesse parfois, heureusement que mon mari est plus
diplomate ! C'est très difficile de faire alliance avec un vrai artiste
sur le terrain de la passion qui lui est chère. Peut-être que
j'envisagerais une collaboration sur mes vieux jours, quand je n'aurais
plus rien à prouver, qui sait... À la rigueur pourquoi pas avec des
graphistes et destinateurs plutôt qu'avec des écrivains ? J'adorerais
faire un livre style "carnet de voyage" pour présenter le monde d'Adir
où se déroule l'histoire des Pèlerins d'Yssel.Cela a-t-il été compliqué de faire publier votre premier manuscrit et comment cela s’est-il passé ? J'ai
présenté le premier tome des Pèlerins d'Yssel (entier, soit 25
chapitres en 500 pages) à une quinzaine de maisons d'éditions. J'ai eu 5
réponses, toutes négatives, mais une seule dans le lot était
argumentée et m'encourageait à poursuivre mes recherches, car ce n'était
pour eux pas la qualité de mon travail qui était en cause mais le fait
que mon œuvre était trop ambitieuse pour une petite maison comme eux. En
effet, je prévois 8tomes pour les Pèlerins d'Yssel, ce qui en fera 16
minimum pour La Bourdonnaye qui les scinde en 2 à 3 volumes ! Et puis
j'ai reçu dernièrement, 3 ans après mes premières démarches et 1 mois
après la sortie du tome 1a, une réponse d'une maison qui me disait que
rien n'allait et qu'il fallait que je fasse du "Trône-de-fer-like". Tout
ce qu'ils n'aimaient pas, mes chroniqueurs adoraient. Allez
comprendre... Je crois que le sens du commercial ne fait pas de bien à
tout le monde.Devant mes premiers refus je ne
me suis pas laissée décourager : j'ai auto-édité les 2 premiers tomes
des Pèlerins d'Yssel en 2012 et 2013. J'ai engagé une graphiste
professionnelle, Clémence de Chambrun, pour la couverture et la carte
géographique. J'ai eu quelques ventes. Je me suis intégrée au réseau des
auteurs indés. Et je me suis fait contacter par Laurent Bettoni. Ma
première victoire a été d'être contactée par une maison d'édition alors
que j'aurais pu continuer sans. Mais c'est vrai qu'en auto-édition,
l'auteur est le seul à faire la promo de son œuvre et je ne pouvais pas
m'y consacrer à plein temps. Ma seconde satisfaction, c'est que Laurent
Bettoni, directeur éditorial de La Bourdonnaye est un écrivain, connu
dans le genre du polar. J'ai donc été contactée et jugée, si je puis
dire ainsi, pair un pair et par quelqu'un qui ne connaissait rien à la
Fantasy mais qui a été conquis par mon style, l'histoire et l'univers
(tous originaux) que je proposais. Avant de publier un livre, le faites-vous lire à des personnes de votre entourage ?Chaque
fois que je finis un chapitre, je le corrige puis je le fais relire à
mon mari. Il est mon correcteur, mais aussi mon conseiller. Il vérifie
l'orthographe, la grammaire, le style, les incohérences scénaristiques,
le réalisme, ect... Puis lorsque j'ai fini un roman, je le fais lire à
ma mère et à un ou plusieurs amis. Le plus dur, c'est la chasse aux
coquilles. On est tellement pris dans l'histoire qu'on ne voit plus les
lettres ou les petits mots qui manquent... Les accords... Les petits
accents et petits doublements de consonnes qui vous changent le sens
d'un mot... Hum !Heureusement, Laurent Bettoni
et une correctrice professionnelle relisent aussi, avant de m'envoyer
les corrections définitives. Pour mon prochain
roman auto-édité j'ai eu la chance de rencontrer un correcteur semi-pro
grâce auquel, je l'espère, tout sera (presque) parfait !Quels sont vos projets ? J'aimerais
parvenir à vivre de mes écrits et à me consacrer uniquement à eux.
Aujourd'hui je suis encore bien occupée par un job à un plein temps, et
il m'est difficile de me poser et de créer avec la fatigue et le manque
de temps. J'enrage de ne pouvoir être écrivain que deux jours par
semaine, et encore, car je ne peux pas consacrer la totalité de mes
jours de repos à l'écriture hélas ! Ensuite, j'aimerais que mes romans
soient traduits en anglais et diffusés dans le monde entier ! Il y a
aussi ce projet de "carnet de voyage" qui me permettrait d'illustrer mon
énorme lexique du monde d'Adir... Et puis bien sûr, il y a encore
toutes ces sagas à finir. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore votre univers, que leur diriez-vous afin de les inciter à le découvrir ?J'ai
mis tout mon cœur et mon âme dans ce roman, cette saga. J'ai mis un
soin particulier à la construction de l'univers et de l'intrigue. J'ai
essayé de mettre dans cette histoire les sentiments, les émotions, les
questionnements et les éclairages qui dans mes propres lectures
m'avaient aidée à me re-contruire. Je n'ai pas cherché à faire comme ce
qui marche actuellement. Je n'ai pas suivi de cours ou de méthode pour
écrire, je suis juste mon imagination, ma passion et les encouragements
de mes proches. J'ai essayé de rester libre. Bien sûr, il est impossible
d'être sans influences, mais je pense avoir trouvé un bon équilibre. Les
premiers blogueurs qui ont parlé de mon roman semblent avoir beaucoup
aimé l'univers et le style. J'ai regroupé leurs chroniques sur mon blog,
où vous trouverez aussi d'autres articles décrivant mon univers et mes
inspirations : http://linden-oliver.blogspot.fr/
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